Les petites pierres de Dai Shihan VIII : Alors c’est quoi le Nanbudo épisode 3 !

Nous avons vu que ce ne sont pas les techniques qui définissent les différents arts martiaux

         Nous avons également vu que le Nanbudo puise ses racines dans le Thi d’Okinawa et le karaté.

         Enfin Nanbu Doshu Soke a écrit qu’il ne cherchait pas à faire une synthèse des autres arts martiaux.

         D’ailleurs, Nanbu Doshu Soke y a suffisamment accordé d’interviews, a suffisamment écrit dans la presse, dans ses livres pour qu’il n’y ait pas besoin d’interpréter sa parole, voici un petit florilège d’interviews et de ses livres du Sankukai et du Nanbudo :
« K. : Quelles sont les caractéristiques du Sankukai ? Y.N : D’abord l’esquive : éviter la force de l’adversaire. K: Donc pas de blocages ? Y.N : Non, pas de blocage. »

 « R.G. : Qu’est ce qui fait la particularité de la Méthode ?

Y.N.: Beaucoup de choses. Mais ce qui la différencie peut-être le plus des méthodes traditionnelles, c’est qu’il n’y a pas de blocages. Tout est fondé sur des esquives…

R.G. : Pas de blocages du tout ? Gedan baraï, par exemple, n’existe pas ?

Y.N. : Non, Gedan baraï n’existe pas. Le blocage est remplacé par esquive-contre-attaque. C’est la base, la conception fondamentale de ma méthode. Il en découle, bien entendu, beaucoup de choses… »

« Le Tenshin ou esquive, est un déplacement arrière ou latéral toujours exécuté par Uke. À l’idée du Tenshin s’ajoute celle de l’infini, car les mouvements peuvent s’enchaîner et se lier sans interruption : la fin d’une technique constitue le début d’une suivante. »

« Les mouvements syncopés et rigides sont remplacés par des gestes naturels, souples, le rythme est beaucoup plus coulé. On recherche l’harmonie par des mouvements circulaires. Le cercle absorbe la force du partenaire et l’associe à la nôtre ».

Et puis ;

« Par exemple, l’esquive n’est pas qu’une technique de combat efficace mais aussi un comportement, une philosophie, qui ne répond pas à la force où le plus fort l’emportera mais une ouverture sur le fondement du Budo qui est l’arrêt de la violence ».

 

« Dans l’alternance des attaques et contre-attaques il ne peut y avoir ni coupure ni arrêt. Les protagonistes obéissent uniquement à un rythme qui les amène à réaliser une infinité d’enchaînements, de mouvements à thèmes variés. La continuité et l’association de ces gestes jouent donc un grand rôle, non seulement dans l’exécution des enchaînements mais aussi dans la mobilité du corps dont toutes les parties sont sollicitées et interreliées sans la moindre rupture. »

Le grand maître zen Takuan(1573-1645), mentor aussi bien de Munenori Yagyu que de Miyamoto Musashi écrit  dans son livre L’insondable subtilité de la sagesse humaine: « Si le flux de votre esprit s’attarde sur le sabre adverse, s’ouvre alors un intervalle dans le temps et, dans cet intervalle, s’échoue votre geste. S’il n’est aucun intervalle-même pas celui d’un cheveu-entre le sabre adverse et le vôtre, alors le sabre adverse deviendra votre sabre. »

Nanbu Doshu Soke écrit également :

« Budo Ho (techniques martiales) et Katsukido Ho (travail énergétique) sont souvent séparés dans les arts martiaux et je voulais les réunir avec Noryoku Kaihatsu Ho (techniques de développement personnel) dans un même budo, le Nanbudo. »

« Mon objectif est de favoriser le développement du respect de la nature et de l’univers par l’homme ».

Ça fait déjà pas mal de sujets de réflexion non ?

D’ailleurs Nanbu Doshu Soke a écrit dans la préface de son livre paru en 1991, Nanbudo, Art Martrial de l’an 2000 :

« Ma philosophie (Nanatsu no chikara) se limitera donc à la notion d’un bonheur que l’on est convaincu d’avoir acquis, car au-delà de ce mot qui est déjà très vaste dans sa définition, je n’ai plus rien à dire ; c’est à chacun de le découvrir avec force courage et conviction. »

Et n’oubliez pas, pour comprendre : il faut pratiquer    

        

Carel Stéphane Daï Shihan

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