Les petites pierres de Daï Shihan XXII

Difficile de trouver un article pour ce blog dans la période actuelle.

Malgré mes conditions idylliques de confinement dans mon Couserans, avec de l’espace, de la vue sur montagne et rivière, mon esprit est préoccupé par la situation : ceux qui n’ont pas cette chance, ceux qui sont nombreux dans de petits appartements, dans des logements insalubres, sans logement ; les parents d’enfants handicapés, les femmes victimes des violences conjugales etc…etc…
Et puis tous ceux qui doivent aller travailler pour les autres, ceux que l’on ne voit pas habituellement, ceux qui sont souvent moqués ou méprisés, les personnels de santé bien sûr (soignants ou non), mais également les caissières, les éboueurs, les transporteurs, les agents du service public dans sa diversité…pas toujours protégés !

Combien, aujourd’hui, sans jamais avoir pratiqué des Arts Martiaux, vont, tels des Samouraï, au péril de leur vie et de la vie de leurs proches, travailler au service des autres, souvent avec la peur au ventre !

Il y a également ceux qui sont obligés d’aller travailler non pour des nécessités vitales mais pour que les actionnaires de leurs grandes entreprises puissent continuer à recevoir des dividendes !

Et puis bien sûr, je suis inquiet pour tous les Nanbudokas !

Mais également dans ces situations exceptionnelles, que je n’aurai jamais imaginé connaitre, à côté de ce qui est révélé de pire il y a aussi ce qui se révèle du meilleur : en actes de solidarité, en utilisation des réseaux virtuels pour des échanges joyeux, des réflexions, des réorganisations des circuits courts des petits producteurs, de la vie dans certains ensembles aux réorganisations familiales où les femmes, les hommes, les enfants deviennent importants, au centre, dans l’humanité.

Quelle inventivité au Nanbudo pour continuer à communiquer et pratiquer ensemble !

Etonnant également notre planète moins polluée en si peu de temps prouvant par là que si on voulait…

Comment dans cette situation exceptionnelle ne pas citer un passage de l’introduction de Nanbu Yoshinao Doshu Soke, (écrit il y a quatre ans !) dans son livre LES TECHNIQUES YIN DU NANBUDO, VOLUME 1, Les 3 principes et les 7 forces :

« Beaucoup de nouveaux virus apparaissent et mettent en danger les personnes âgées et les enfants…La multiplication des catastrophes naturelles et des déséquilibres climatiques doivent alerter l’homme sur les dangers de ne pas respecter la nature »

Nanbu Doshu Soke nous a également donné cette leçon, tirée de son expérience personnelle, que le Budo est un art de vie qui ne se résume pas à la compétition. Il nous a souvent répété que sa recherche a réellement commencé lorsqu’il s’est aperçu qu’il avait un mental de champion et non pas un mental d’homme ! C’est pour cela qu’il a développé des exercices nous permettant de l’acquérir, si nous le voulons vraiment.

Les techniques de combat se travaillent dans des situations différentes afin de pouvoir s’adapter à l’imprévue.

Il en est de même pour le travail du mental : il s’effectue avec notre adaptation à des situations inattendues, quotidiennement ou dans des cas exceptionnels tels que celui que nous traversons actuellement.

Nanbu Doshu Soke conclut son livre cité plus haut par :

« Les principes de vie que je propose et que j’ai fait miens, sont les suivants :

Shogai Keiko (生涯稽古)

Poursuivre sa pratique sa vie durant

Shogai Yuki (生涯勇気)

Baser sa vie sur le courage et la persévérance

Shogai Shinnen (生涯信念)

Mener une vie guidée par ses convictions

Continuons donc à cheminer dans notre vie de femmes et d’hommes, et pour celles et ceux qui ont choisi le Budo, continuons le Nanbudo, notre Nanbudo. Et des tatamis du monde, du dojo du monde, nous nous retrouverons ensemble sur les tatamis ou le sable de nos dojos, pour notre Bonheur !

  

Carel Stéphane Daï Shihan

Partagez cet article