Stage de Gland, février 2018

Les réflexions d'Aurélie du club de Crest, à, propos du stage de Gland des 2, 3, 4 février 2018.

De quoi parler à propos du stage international de Nanbudo organisé par nos amis Suisses les 2, 3 et 4 février 2018 ?
Raconter le déroulement ? Le contenu ? Les nouveautés ?
Parler de oï tsuki ? De randori yon no kata ? De l'intensité du travail du ki à chaque instant ?

J'ai finalement choisi de témoigner d'une situation particulière et de partager une réflexion qui en découle. Ce sera un point de vue subjectif et partiel. A prendre comme tel donc...

La situation que je souhaite évoquer s'est déroulée lors de l'entrainement du vendredi soir. Le dojo était beau, blanc, carré, haut de plafond et surtout petit. Il fallait rester très vigilants lorsque nous travaillions à deux au risque de percuter nos voisins entre autres avec nos hikite ou nos mawashigeri. Les mouvements devenaient plus petits et les respirations se faisaient courtes. Les pratiquants semblaient bloqués dans leur énergie et leur expression. Rapidement, il nous a été fait la remarque qu'on n'entendait pas de Kiaï, que les sons et l'énergie jaillissants semblaient limités.

Ensuite, au travers d'une démonstration, les enseignants ont illustré le fait que dans le travail à deux, lors la rencontre et la confrontation des énergies de chacun des partenaires, l'on pouvait se remplir de l'énergie de l'autre, une énergie forte, palpable et lorsque c'est devenu trop, de la rendre par un Kiaï. Mais le Kiaï émi à ce moment là ne fut pas frontal, il n'était pas dirigé vers le partenaire.

L'enseignant a ouvert la fenêtre et "lancé"; son Kiaï au monde... Un détournement vraiment surprenant, et réalisé avec humour !

J'ai associé cette expérience à la notion de Budo, qui a été évoquée à plusieurs reprises durant ce stage mais aussi lors d'autres précédemment. Cette question du Budo m'a fait réfléchir et en rentrant chez moi, j'ai cherché dans ce qui était à ma portée (livres, internet). Je vous invite à ce propos à lire l'introduction du livre "Les techniques Yin du Nanbudo"; où Nanbu Doshu Soke présente sa démarche.

Après ces recherches, j'ai entendu le Budo comme un chemin, une voie, une route pour préserver la vie, pour empêcher que le combat ait lieu, pour stopper la violence. J'ai donc pensé à ces notions de vie, de combat et de violence à travers mon quotidien. Personnellement, je donne un sens différent au mot violence par rapport à celui d';agressivité. Il s'agit là encore une fois d'un point de vue et certains ne seront pas d'accord avec ces définitions.

Pour moi, l'agressivité fait partie de la vie, elle a un aspect instinctuel, pulsionnel. Elle peut apparaitre par exemples dans l'explosion de la matière, le déchainement d'une tempête, les jeux de force des animaux ou des êtres humains. A l'inverse, la violence est un abus, une annihilation de soi et de l'autre, elle met en scène la souffrance destructrice. De plus, je pense qu'il est très important pour comprendre un acte, de le situer selon son contexte, son intention et aussi la souffrance subie ou générée. Par exemple, un coup de poing sur un tatami, dans une cour de récréation, dans la rue, entre des personnes proches, dans un contexte de guerre...

L'être humain a une grande responsabilité car ses actes peuvent être violents intentionnellement ou non. Il est important de faire preuve de vigilance et de discernement que ce soit sur le tatami ou dans nos vies personnelles, familiales, professionnelles, sociales. Le Nanbudo est d'une grande aide par sa philosophie, son enseignement et sa pratique. Il nous permet d'expérimenter dans un cadre spécifique des savoir-faire, d'affiner nos perceptions et d'apprendre avec les autres, afin d'ajuster peu à peu notre posture dans tous les aspects de notre vie (cf : Les techniques yin du Nanbudo, le symbole des trois cercles, San i ittaï).

Ces expériences de stage sont très importantes pour moi. Elles me permettent de pratiquer avec de nouvelles personnes, de découvrir des techniques et différentes interprétations, d'approfondir ma compréhension. Dans "Les techniques yang du nanbudo",  Nanbu Doshu Soke dit "Je pense que les hommes et les femmes se retrouvent dans une pratique commune est important pour favoriser l'échange et la compréhension entre différentes sensibilités et développer l'harmonie au sein de la société. Tout comme est important, dans le même esprit, l'échange entre des pratiquants de différents pays".

Je remercie sincèrement Nanbu Doshu Soke et chaque pratiquant pour le Nanbudo. Continuez encore à construire ces cairns petits et grands qui balisent le(s) chemin(s) ! (clin d'oeil à l'article du blog intitué "Les petites pierres de Daï Shihan" ;)

Nota : Si certains veulent poursuivre la réflexion, voici un article qui parle de la différence entre agressivité et violence :http://pedagopsy.eu/agressivite_violence.html

J'ai également récemment vu un film qui me fait penser à ce thème, il s'agit de Windriver (petit conseil si vous voulez le voir,
ne regardez pas la bande annonce avant, ils en montrent trop...).

Aurélie

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