Un stage cuisiné à l'huile de coude

Les impressions de Stéphane Vimeux, ceinture verte des Neko de Cachan, suite au stage international de Paris 2017, dirigé par Doshu Soke Yoshinao Nanbu 10º Dan.
C'est mon 3 ème stage international avec le Doshu et l'enthousiasme est inchangé car ce rendez-vous est particulièrement marquant tant il est à la fois riche d'enseignements, de rencontres et de cordialité avec les pratiquants.

Je n'ai participé qu'à la première moitié du stage mais cela reste largement suffisant pour mesurer l'apport technique dense, prendre du recul et mûrir ces "acquis".

Nous n'étions que 4 à 6 ceintures de couleurs, et une foule d'experts noirs à rouges et blancs. Nous avons travaillé sur les bases avec Randori Ichi no kata, puis Randori Yon no kata, Ikkyoku, entre autres. En randori, compte tenu des hauts gradés présent, c'est comme si je recevais un cours particulier à chaque fois.

Stéphane Carel use notamment de métaphores culinaires, où la diversité des épices et  l'accent mis sur tel ou tel ingrédient démultiplie les possibles. Ainsi il n'y a pas une façon de faire mais autant de façon qu'il y a de pratiquants, sous réserve de rester dans le Nanbudo.

Cette façon de transmettre permet de  faire passer le message autrement et de générer un processus mnémotechnique complémentaire. Je retiens que ma façon de faire peut être la bonne voie mais qu'il y a d'autre façons de faire, à explorer,  et que l'ensemble est à adapter selon les cas.

J'ai particulièrement savouré le travail sur Ikkyoku répété mentalement en seiza. Je n'ai pas réussi pleinement l'exercice, préférant me représenter de profil plutôt qu'en surplomb d'une calvitie moins convaincante, et je n'ai pu m'empêcher de voir mes défauts (pas que dans ma capillarité) puis en faire abstraction.

Cet exercice mental est très intéressant, il favorise la mémorisation, l'imaginaire effectue les corrections (plus de problème d'équilibre par exemple) et le tout interagit sur la concentration. Au final cela m'a permis d'effectuer mon plus bel Ikkyoku, j'en suis persuadé.

C'est particulièrement dans ce genre de rendez-vous que l’on approche la diversité, c'est l'occasion de revoir des proches et d'échanger, de s'enrichir mutuellement. Je recommande ce stage à tous les niveaux, où le regard du Doshu reste concentré sur chacun de nous et nous "oblige", de fait, à nous hisser sans relâche vers un Nanbudo qui n'en finit pas de mijoter et de nous nourrir.

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