Doshu Soke Nanbu

Force - Courage - Conviction
Né en 1943 à Kobe (Japon), Yoshinao Nanbu a été élevé dans un milieu où le Budo était privilégié. Son arrière grand-père était Yokozuna Kochizan Tanigoro, un sumotori renommé. Sa formation de budoka débute par un enseignement de Judo avec son père,Hideyoshi Nanbu (5e Dan), puis sous la direction de son oncle, il apprend le Kendo.

À l’age de 18 ans, à l’Université de Sciences Economiques d’Osaka, il fut attiré par le Karaté. Il suit alors l’enseignement de Maître Tani(8e Dan) et de Maître Tanaka qui appliquent la méthode Shito-ryu et devient un des meilleurs karatékas du Japon. En 1963, il décroche le titre de champion universitaire du Japon de Karaté, compétition à laquelle participaient 1250 combattants.

Séduit par les performances et les motivations du jeune champion japonais, Maître Henry Plée, promoteur du Karaté en France, inviteYoshinao Nanbu à son dojo de la Montagne Sainte Geneviève, à Paris. Dès lors tout va très vite : Yoshinao gagne toutes les compétitions de Karaté en Europe.
En 1968, il repart au Japon où Maître Tani lui confie la mission de développer une nouvelle forme de Karaté en Europe, le Shukokai. Il remplit cette mission avec succès. À l’age de 27 ans, il préféra prendre quelques distances et créa son propre style de Karaté, leSankukai.
Néanmoins, sentant que le Sankukai n’était qu’une étape sur son chemin, en 1974, il se retira complètement du monde des arts martiaux pour passer quatre ans au Cap D’ail (près de Monaco), dans un cadre merveilleux propice à la réflexion. Au contact des éléments naturels qui l’entouraient, il retrouve la juste valeur des choses et le chemin qu’il doit réellement emprunter : le Nanbudo.

Depuis, il développe et affine son art en dirigeant des stages dans le monde entier.

Historique

Au XVe puis au XVIIe siècle, les Chinois et les Japonais envahirent, tour à tour, les îles Ryu Kyu au sud du Japon. Les armes étant interdites, les indigènes durent pour résister, élaborer dans le secret, des méthodes d'auto défense à mains nues inspirées, en partie, des techniques de combat chinoises. Ils transformèrent également leurs outils en armes redoutables (fléau, rame, faucille...). Chaque village ou région possédait son propre style.
Ces techniques furent adoptées par les Samouraïs et les Ronins et donnèrent naissance à la plupart des styles d'arts martiaux japonais.

L'AIKIDO (Aï : harmonie, Ki : énergie vitale, Do : voie)

Fondateur Maitre Ueshiba Morihei (18881 - 1969).
Développé à partir de 1931 par Maître Ueshiba Morihei avec la création à Tokyo de son premier dojo, le Kobukai. Il y enseignait ses techniques et sa philosophie.
L'Aïkido a pour base principale les techniques utilisants les déplacements du corps et les esquives afin de se fédaire d'un adversaire en retournant sa force contre lui, en forçant ses articulations et en le projetant au sol avec la possibilité de l'immobiliser.

LE JUDO (Ju : souplesse, Do : voie)

Fondateur Maître Kano Jigoro (1860 - 1938).
Crée en 1882 à Tokyo dans le temple bouddhique Eiho-Ji, le Judo a pour base principale les techniques de combats à mains nues utilisées dans le Ju-jutsu pratiqué par les Bushis. Dans un combat au corps à corps, debout ou au sol, sa finalité est de déséquilibrer l'adversaire, de l'immobiliser voir le neutraliser. Son développement fut rapide et la première ceinture noire fut conférée par Maître Kanoà Tairo Shiro en 1883.
Maître Kanô se rendit en Europe en 1889 pour y enseigner ses techniques.

LE KARATE-DO (Kara : vide, Té : main, Do : voie)

Au XIXe siècle, les autorités japonaises demandèrent aux experts des îles Ryu Kyu d'enseigner au Japon l'Okinawa-té. Les meilleurs furent envoyés parmi lesquels Maître Funakoshi Gichin (1869 - 1957) qui arriva le premier en 1916. Chaque "envoyé" enseignait, cependant, selon ses conceptions, ses capacités et sa sensibilité. De là, des différences de style ont permis l'apparition d'écoles aux noms variés, Shotokan pour Maître Funakoshi, Shito ryu pour Maître Mabuni Kenwa (1889 - 1952) et Goju ryu pour Maître Miyagi Chojun (1888 - 1953). A ces trois écoles d'origine "Okinawaënne" s'ajoute le Wado ryu du Maître japonais Otsuka Hidénori. Par la suite, les élèves, évoluant à leur tour firent apparaître de nouvelles tendances.
Toutefois, l'influence de Maître Funakoshi sur les autres Maîtres a été déterminantes. C'est avec son fils, Yoshikada, qu'en 1936 il décida de tranformer le Okinawa-té en Karaté-do, que l'on nomme aujourd'hui plus communément Karaté.
Le Karaté-do a pour base principale les techniques de combats à mains nues gardant cependant ses caractéristiques propres, l'utilisations des pieds, des poings et des jambes pour porter des techniques de percussions sur des points sensibles de l'adversaire, évitant le contact du corps à corps.
Cet art martial, enseigné par plusieurs Maîtres, s'est développé selon plusieurs styles.

LE KENDO (Ken : sabre, Do : voie)

Autrefois appelé Ken Jutsu, Ken No Michi et Gekken à l'époque de l'ère Meiji (1862 - 1912). Cultivé depuis la plus haute époque par tous les guerriers japonais et, depuis le XIIIe siècle, par les samouraïs, le Ken Jutsu fut transformé par Sakakibara Konkichi (1830 - 1894) qui s'inspira de centaines de techniques et de styles de combats au sabre existants.
C'est en 1900 que Abé Taté changea le terme Ken Jutsu jugé trop "guerrier" en Kendo. La première académie de Kendô fut créée à Tolyo en 1909. Le Kendô est la première et la plus respectée des disciplines de Budo au japon car elle est fondée sur l'art classique du sabre, fruit d'une tradition ancestrale.

Environnement

La pratique du Nanbudo qui puise ses sources dans l'expérience et le vécu de son fondateur est une véritable école de la vie. Le pratiquant ne pourra progresser qu'en s'appuyant sur 3 principes et 7 forces primordiales dans le Nanbudo.

Les 3 principes

  • La Force - correspond à ce que l'on est, c'est-à-dire au corps,
  • Le Courage - correspond à ce que l'on croit, c'est-à-dire l'esprit,
  • La Conviction - correspond à ce que l'on fait, c'est-à-dire à l'action.

Les 7 forces

  • La force Physique, c'est-à-dire la force du corps, physique et mentale,
  • La force de Courage, c'est-à-dire celle qui consiste à se forger de la volonté et du caractère,
  • La force de Discernement, c'est-à-dire un jugement stable et dénué d'à priori,
  • La force d'Action, c'est-à-dire celle qui consiste à engager sa responsabilité avec fermeté et confiance en soi,
  • L'Energie Positive qui consiste à rester positif en toute circonstance,
  • L'Habileté Intellectuelle qui consiste à s'adapter à toutes les situations avec intelligence, adresse et compétence,
  • La force Vitale et Créatrice qui est le rassemblement de toutes les forces en une seule.

En les intégrant, le pratiquant devra anbitionner son épanouissement personnel. On ne sera donc pas surpris que l'une des bases de l'enseignement du Nanbudo soit la recherche de la positivité qui est, en fait, la synthèse des 7 forces.
C'est pourquoi, en dehors des mouvements que l'on peut apprécier dans l'exécution des katas ou des randoris, on verra, en début ou en fin de séance d'entraînement, les pratiquants exprimer en choeur le nanbudo-mitsu-no chikara : "chikara da, yuki da, shinnen da" (force, courage, conviction en français).
Ces mantras ont pour but la visualisation d'une pensée positive, quelque soit les circonstances. Par ce procédé, chacun aura la possibilité de tendre et de s'orienter à se qu'il ambitionne dans sa vie.

Pratique

KOBUDO

C'est l'étude des armes traditionnelles japonaises :

  • le Bo-Jutsu : bâton de 1m80,
  • le Boken-Jutsu : sabre en bois,
  • le Jo-Jutsu : bâton court de 1m20.

RANDORIS

Ils se travaillent, le plus souvent, à deux voire à plusieurs adversaires. Un défenseur (uke) avec un attaquant (tori). Celui-ci effectue sept attaques. Elles ont un ordre précis :

  1. deux attaques de poing directes - tateken-tsuki,
  2. deux attaques de pied directes - maegeri,
  3. deux attaques de pied circulaires - mawashi geri,
  4. unes seule attaque de poing directe, coté droit - tatekan-tsuki.
Les attaques sont immuables et seules les ripostes différent selon les randoris effectués. Il en existe de nombreux.

KATAS YO

Ce sont des combats imaginaires contre plusieurs adversaires. Ils se composent d'enchaînements techniques toujours basés sur la défense et la contre-attaque. Les Katas sont des sources inépuisables d'apprentissage. Ils jalonnent toute la pratique du Nanbudoka et se peaufinent par un inlassable entraînement. C'est un travail fondamental qui permet à tout budoka, confimé ou non, de retrouver l'essence de la pratique.

KATAS IN

Nanbu Shizen No Ki Undo, Nanbu Genki No Kata
C'est une série d'exercices permettant de mieux canaliser les énergies circulant dans le corps aux travers des méridiens et ayant pour but un mieux être psychique et physique. Ils se caractérisent par des mouvements lents et harmonieux accompagnés d'une respiration spécifique, légère et profonde.
Malgré tout, sous une apparente facilité, les Katas sont difficiles à expliquer. Il faut les vivre et les ressentir pour les pratiquer avec sensation. Ils peuvent se comparer, dans un autre genre, au travail de gammes du pianiste ou aux exercices de barre de la danseuse. Un effort sans cesse répété selon des gestes immuables afin de tendre vers une perfection gestuelle et physique d'où leur intérêt.

NANBU TENCHI UNDO

C'est une gymnastique de relaxation, d'étirement musculaire et ligamentaire qui s'intéresse, en particulier, à l'axe vertébral. Liée à l'étude du souffle, elle se pratique au sol.

C'est la pratique de sept série de mouvements auxquels correspondent sept jours de la semaine et sept éléments (air, eau, bois, lotus, terre, ciel, lune). Chaque série fortifie et stimule une partie précise du corps. Par un mécanisme de flexion (dos cambré) et d'extension (dos arrondi), la colonne vertébrale est assouplie et renforcée, la circulation sanguine est activée et la capacité cardiaque augmentée de façon à déveloper la puissance du hara (ventre) et à y concentrer le Ki (énergie vitale).

C'est un apprentissage qui va de pair avec celui de la pure méditation et avec la pratique de la relaxation.

NANBU TAISO

C'est un travail d'échauffement qui est composé d'une suite logique de mouvements calqués sur dix éléments de la nature :

  • Nami - vague,
  • Kaze - vent,
  • Iwa - rocher,
  • Matsu - pin,
  • Tsuru - héron,
  • Hébi - serpent,
  • Ryu - dragon,
  • Cho - papillon,
  • Taki - cascade,
  • Nichi - soleil.
C'est aussi une gymnastique respiratoire dont le rythme s'identifie au flux et reflux de la mer. Par le contrôle de la respiration abdominale, on canalise ainsi l'énergie vitale (Ki). Elle s'exécute de deux façons, la première (Yo) rapide et dynamique, la deuxième (In) plus lente et "interne".

Avec cet exercice en particulier, le pratiquant se met en harmonie avec la nature. Ces techniques s'effectuent également en bunkaï (application défensive).

Les rencontres de combats basées sur les Ju randoris
En Ju randori, concentration, perfection gestuelle, force, équilibre, sincérité sont également importants. S'y ajoutent, la faculté d'adaptation à l'offensive adverse, la vigilance et le contrôle absolu de toutes les ripostes afin de ne pas risquer des blessures inutiles, stupides et dangereuses.

Le pointage en kata ressemble à celui du patinage artistique, les dixièmes de points étant réduits à chaque faute. En Ju randori, les points sont donnés à l'aide d'un code utilisant des drapeaux de couleurs différents pour les compétiteurs.

Compétition

En tant qu'art martial, véritable école de vie, le Nanbudo pourrait se passer de compétition. D'ailleurs, seuls les volontaires s'adonnent à cette activité qui existe bel et bien dans la discipline.
L'aspect sportif qu'elle représente, surtout chez les jeunes, s'avère, il est vrai, souvent nécessaire.

On connaît, en effet, les vertus éducatives des rencontres sportives : émulation, maîtrise de soi, joie de la rencontre etc... Aussi, les règles instaurées en Nanbudo ont été conçues de façon à ne pas transgresser les principes fondamentaux de cet art martial. La non dualité, la libération totale des énergies, ou le respect d'autrui ne sont nullement remis en question.

Les différentes formes de compétition en Nanbudo :

  • Les rencontres techniques basées sur les katas
    On juge la qualité d'exécution d'un kata à la concentration du compétiteur, à la fermeté de son regard, au rythme de son travail, à la puissance de ses gestes, à l'équilibre de ses positions et déplacements, à la justesse de sa respiration et à une bonne orientation.
  • Les rencontres de combats basées sur les Ju randoris
    En Ju randori, concentration, perfection gestuelle, force, équilibre, sincérité sont également importants. S'y ajoutent, la faculté d'adaptation à l'offensive adverse, la vigilance et le contrpole absolu de toutes les ripostes afin de ne pas risquer des blessures inutiles, stupides et dangereuses.
Le pointage en kata ressemble à celui du patinage artisitique, les dixièmes de points étant réduits à chaque faute. En Ju randori, les points sont donnés à l'aide d'un code utilisant des drapeaux de couleurs différents pour les compétiteurs.

Il existe des compétitions régionales, nationales et internationales ouvertes à toutes et à tous suivant les niveaux et à partir de 7 ans.

Génèse

Au même titre que le Judo, l'Aikido ou le Karaté, le Nanbudo est issu des diverses traditions martiales dont la synthèse, codifiée, enrichie d'apports récents, débouche sur la discipline telle qu'on la pratique aujourd'hui.
Si on compare cet art martial à un arbre, ses branches ont pour nom Nanbu-taiso, Randori-no-kata, Nanbu-kata, Seikoza-ho, Shizen-no-ki-undo, Genki-no-Kata, Tenchi-undo.

Mais, quelles racines donnent à l'arbre sa vigueur actuelle ?

La racine principale de l'arbre Nanbudo est la Karaté qui a permis au jeune Yoshinao Nanbu d'exploiter son potentiel athlétique et ses qualités martiales fruits d'une tradition familliale et d'une éducation rigoureuse.
Son arrière grand-père Yokozuna Kochizan Tanigoro, sumotori réputé, était un champion adulé dans sa province. On lui éleva un temple à Kobe, le Nagata Jinja. Afin d'exprimer sa reconnaissance, il y transporta de la mer, à la force de ses bras, une énorme roche. On peut la voir au temple Nagata, gravée à son nom.
Son père Hideyoshi Nanbu, 5ème Dan de Judo, enseignait cette discipline et était féru de toutes les autres pratiques martiales.
Les racines périphériques pratiquées par Maître Nanbu sont le Judo, l'Aïkido, le Kendo, et le Kobudo durant toute son enfance (dès l'âge de 5 ans) et son adolescence.

En tant que Karatéka, Yoshinao Nanbu dès 1961 à l'université d'Osaka, pratiquait le style Shito ryu sous la direction de Maître Tani. Il démontra la valeur de l'enseignement reçu en remportant de nombreux combats, puis en développant les styles Shito ryu et Shukokaï en Europe.
Arrivé à un niveau de pratique tel, Yoshinao Nanbu constata que le travail rigide et syncopé utilisant la force contre la force était, sur sa conception, incomplet et en contradiction avec l'idée de non dualité et de la vision que véhicule les arts martiaux en temps de paix.

Il souhaita, alors, développer avec son Maître un type de travail faisant appel à des techniques circulaires basées sur l'esquive, renforçant l'efficacité des blocages sans provoquer de rupture de l'échange, que ce soit avec un ou plusieurs adversaires.
C'est en désaccord que les deux hommes se séparèrent et Yoshinao Nanbu, fonda sa propre école quelques mois plus tard, comme d'autres experts japonais l'avaient fait avant lui. En 1970, il crée le Sankukaï. Dans ses tournées internationales, il découvrit l'enthousiasme des pratiquants pour ce nouveau style accueilli avec beaucoup d'intérêt.

Yoshinao Nanbu n'en resta pas là dans quête. Souhaitant mettre en application la seconde phase de sa théorie, il s'orienta vers une recherche sans cesse renouvelée beaucoup plus proche du rythme naturel de la vie.

En 1978, il donne naissance à un nouvel art martial appelé : NANBUDO.

Étiquette

C'est l'expression la plus lisible de l'éthique. L'étiquette et les valeurs du Nanbudo se transmettent essentiellement par l'exemple. Les plus anciens doivent montrer aux novices, par leur comportement, le chemin à suivre. Chacun est à la fois le sempai (plus ancien, littéralement "né avant") de quelqu'un et le kohai (novice, "né après") d'un autre.

Le lieu de pratique est le Dojo (lieu ou est enseignée la voie). Ce lieu se respecte : salut en entrant et en sortant du tatami, pas d'éclats de voix (sauf kiaî matérialisé par un cri à certaines occasions !) ni de chahuts. La tenue assise est toujours vigilante (à genoux "seiza dashi" ou en tailleur "anza dashi") et jamais nonchalante (éviter les jambes allongées...).

Chaque pratiquant se respecte et respect autrui : saluts avant les combats mais aussi aux professeurs, autres élèves et à soi-même en début et fin de cours. Cela passe aussi par la propreté corporelle et le soin accordé à sa tenue d'entraînement (keikogi aussi appelé nanbudogi dans notre style). La ponctualité et l'assiduité sont des expressions du respect.

La hiérarchie des grades est observée : elle est visible lors des saluts collectifs. Elle crée pour le plus gradé une obligation d'aide au moins gradé. Elle implique pour le moins gradé une écoute des consignes du plus ancien et une acceptation de son autorité sur le tatami. Elle ne dédouane personne cependant du respect dû au plus agé, au plus ancien ou tout simplement à autrui indépendamment de tous facteurs.

Les différences sociales, culturelles, intellectuelles... sont volontairement gommées. C'est pour cela que nous portons tous la même tenue sans signes distinctifs. Les bijoux de toutes sortes sont pour cela proscrits ainsi que pour des raisons de sécurité. Par ailleurs, aucune discrimination n'est tolérée (sexe, origine, niveau social...).

Les liens d'amitié et la convivialité sont favorisés.

Le nanbudoka, quel que soit son grade, son ancienneté dans le club, son âge, son sexe, sa profession, son niveau d'étude est un membre à part entière de la communauté dans laquelle il s'entraîne. A ce titre, sa voix compte pour un, et ses propositions, sa participation, ses initiatives sont les bienvenues. Le club est un lieu fort d'identité, au sein duquel chaque pratiquant fait l'apprentissage de la vie citoyenne.

Enfin, le but de la pratique du Nanbudo est l'épanouissement de l'individu. Il entretient sa santé au moyen d'exercices adaptés et d'une bonne hygiène de vie. Il affirme son caractère et sa volonté par une pratique sincère et assidue. Il communique avec autrui au travers des exercices et de l'entraînement ainsi qu'en participant à la vie du club. Il se confronte à l'autre et à sa propre violence dans la pratique des combats et de la compétition.

Il apprend à se connaître et affirme sa personnalité lors des entraînements (Katas, etc...).

Les codes de référence dans le sport et le Nanbudo :

  • CODE D'ETHIQUE SPORTIVE
    Adopté par le Conseil des Ministres, le 24 septembre 1992
  • QUI JOUE LOYALEMENT EST TOUJOURS GAGNANT
    (FAIR PLAY - THE WINNING WAY)
  • CODE DU SPORTIF
    Plus vite, plus haut, plus fort... ; Dans l'esprit de la Charte Olympique...
    Tout sportif, débutant, champion, éducateur, dirigeant, par la signature d'une licence fédérale s'engage à :
    1. Se conformer aux règles du jeu
    2. Respecter les décisions de l'arbitre
    3. Respecter adversaires et partenaires
    4. Refuser toute forme de violence et de tricherie
    5. Etre maître de soi en toutes circonstances
    6. Etre loyal dans le sport et dans la vie
    7. Etre exemplaire, généreux et tolérant
    Association Française pour un Sport sans Violence et pour le Fair Play
  • CODE MORAL DU BUDOKA
    • L'Honneur : MEYO
    • La Fidélité : CHUJITSU
    • La Sincérité : SEJITSU ou MAKOTO
    • Le Courage : YUUKI ou YUUKAN
    • La Bonté et la Bienveillance : SHINSETSU
    • La Modestie et l'Humilité : KEN
    • La Droiture : TADASHI ou SEI
    • Le Respect : SONCHOO
    • Le Contrôle de Soi : SEIGYO

Ce code est intégré dans le passeport de la FFKDA avec comme sous titre les 9 vertus du Karatéka :

  • REGLES DE COMPORTEMENT - Dojo Kun
  • Bien ajuster son kimono et sa ceinture
  • Veiller à son hygiène corporelle
  • Etre toujours courtois
  • Respecter les autres
  • Cultiver la persévérance
  • Se déplacer avec promptitude
  • Favoriser la sagesse du corps et de l'esprit par l'action

L'éthique du Nanbudoka :

Le Nanbudo n'est pas une activité isolée, et s'inscrit au contraire dans un contexte (social, sportif).

  • C'est un sport de combat.
A ce titre, nos pratiquants doivent se conformer au CODE D'ETHIQUE SPORTIVE (adopté par le Conseil des Ministres, le 24 septembre 1992).

Ils doivent également respecter le CODE DU SPORTIF (dans l'esprit de la Charte Olympique). On peut le consulter sur le site de l'AFSVFP (Association Française pour un Sport sans Violence et pour le Fair Play).
  • C'est un Art martial (budo), intégré dans la Fédération Française de Karaté et Disciplines Associées (FFKDA). A ce titre, la Nanbudoka se réfère au CODE DU BUDOKA présenté dans le passeport et sur le site de la FFKAMA.
  • C'est une école de vie, un art de création d'énergie et d'entretien de la santé.
Il convient d'avertir les pratiquants des dangers d'abus d'alcool de drogue et de tabac et de condamner sans équivoque toute utilisation de produits dopants. Les consignes d'hygiène de vie (sommeil, alimentation, exercice, suivit médical) font partie intégrante de l'enseignement dans les clubs.
  • C'est une pratique associative et citoyenne.
Le club ou la section Nanbudo s'intègre dans une commune, parfois dans un club multisports, une association culturelle, une maison de la Jeunesse...

La pratique associative est facteur de lien social et suppose la participation de chaque pratiquant à la vie de son club. Celui-ci a des obligations mais aussi des droits. Il est entre autre invité à s'impliquer dans la gestion de son club, dans l'organisation des activités, à donner son avis et à se montrer partie prenante des décisions et règlements du club. En cela, il n'est pas simple consommateur d'un service mais véritable citoyen, actif et impliqué.
  • C'est une discipline singulière.
En accord complet avec les éléments cités plus haut, elle a ses propres traditions, ses propres valeurs qui sont autant d'outil d'éducation à la citoyenneté et à la santé.

Le respect de l'étiquette est l'un des éléments de transmission des principes éthiques du Nanbudo.

L'esprit, les trois principes du Nanbudo : Nanbudo Mitsu No Chikara :

Nous les répétons en début et en fin de cours autant dans un but de concentration que dans celui de s'imprégner de ces principes à la fois très simples et très ambitieux. Notons également que les termes japonais sont utilisés dans tous les dojos de Nanbudo du monde (et traduits dans la langue du pays) ce qui crée un lien symbolique de communauté et d'amitié entre les pratiquants au-delà des frontières.

  1. CHIKARADA : FORCE
    Il ne s'agit pas de comparer sa force physique à celle des autres mais de solliciter tous ses moyens. Nous expliquons souvent aux pratiquants qu'une personne handicapée peut avoir une très grande force.
  2. YUKIDA : COURAGE
    Rien n'est possible sans courage. La pratique d'une discipline martiale demande beaucoup de volonté et de patience. Les progrès peuvent être parfois très lents. Le courage n'est pas de faire preuve d'une inconscience immature devant le danger mais de savoir affronter sans relâche les difficultés. Cela s'applique aussi bien à la pratique de la discipline qu'à la vie dans son ensemble.
  3. SHINNENDA : CONVICTION
    Celui qui n'est pas convaincu de ce qu'il va faire a déjà perdu. L'engagement dans la pratique doit être sincère et profond. La détermination de l'individu est essentielle et là encore on peut transposer ce principe de l'entraînement à la vie quotidienne.

Les trois principes du Nanbudo, école martiale mais aussi école de vie, demandent un engagement total de l'individu : son esprit (volonté), son corps (pratique physique) et ses actes (au dojo comme dans la vie quotidienne) sont tous trois concernés au même titre. Nous résumons cela par une formule toute simple :

  • TAI - LE CORPS : c'est CE QUE JE SUIS
  • SEIL - L'ESPRIT : c'est CE QUE JE CROIS
  • DO - L'ACTION : c'est CE QUE JE FAIS